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LE POUVOIR ALGÉRIEN ENTRE LA « GHAMZA » ET LA « DABZA » DE TRUMP

by admin

Pour ceux qui ne connaissent pas l’arabe maghrébin et le langage du corps dans cette région du monde, « Ghamza » signifie clin d’œil et « Dabza » coup de poing. C’est un raccourci pour expliquer à quelqu’un qui ne veut pas comprendre avec les bonnes manières, qu’il aura droit aux mauvaises. C’est ce qu’il vient d’arriver à Nicolas Maduro, ex-pacha du Venezuela.

Après des clins d’œil répétés de Trump pour lui faire passer un message, il s’obstinait à lui répondre en dansant en public comme un possédé. C’est alors que Trump lui asséna un coup de poing qui lui fera voir des étoiles dans sa tête jusqu’à la fin de ses jours.

Despote illégitime qui s’est maintenu au pouvoir grâce à la fraude électorale, individu inculte rappelant Ceausescu, impitoyable envers ses concitoyens qu’il a appauvris et dépouillés de leurs libertés, il a été trahi par l’armée au moment fatidique, tombant de l’arbre des sept péchés capitaux, comme un fruit pourri.

Quand on sait que le silence est d’or, ça aide à comprendre la règle d’or maghrébine. Mais Maduro ne le savait pas, malgré plusieurs visites effectuées en Algérie. Adorant les tartarinades, les fanfaronnades et les flatteries à l’instar des dirigeants algériens qui ont oublié eux aussi cette sagesse populaire, il était bon pour ce qu’il vient de lui arriver : sorti de son lit comme un criminel dont la tête était mise à prix.

C’est d’ailleurs le sens qu’a donné l’Agence d’information officielle algérienne à l’événement, en parlant d’ « arrestation » au lieu d’enlèvement ou de « kidnapping ». « Arrestation » est un terme judiciaire consacré qui sous-entend l’existence d’un mandat d’arrêt. Le mandat d’arrêt, en l’occurrence, c’était le doigt pointé de Trump souriant comme Lucifer.

En usant de la seule «Ghamza » dans les réunions du Conseil de sécurité de l’ONU, sur le Sahara occidental où l’Algérie s’est abstenue de s’opposer à la résolution privilégiant la thèse marocaine, et la Palestine, où elle a soutenu la position privilégiant la thèse israélo-américaine, Trump a délesté notre pays de ces dossiers en laissant à ses collaborateurs le soin de nous informer que nous avions deux mois pour « régler nos problèmes avec le Maroc ».

Rien n’a bougé entre le Maroc et nous depuis, et Trump n’a plus rien dit. Un silence que les nôtres sont capables d’avoir pris pour une peur d’eux, alors qu’il augure de choses à tout le moins désagréables.Qu’avons-nous fait entre-temps ? On avait les casse-têtes marocain, malien, libyen et nigérien, sans compter Israël qui prépare, à ce qu’il paraît, un dossier sur les biens anciennement détenus par les juifs d’Algérie.

Des portes de placards commencent à s’ouvrir pour révéler des crimes que nous aurions commis à notre insu durant la période coloniale. A ces casse-têtes, nous avons ajouté la recherche d’ennemis intérieurs qui n’existent pas, l’adoption de lois accroissant les difficultés de vie des citoyens pour les unes, et bafouant les droits de l’homme pour les autres.

Nous avons aussi multiplié les ennemis extérieurs comme si on en avait urgemment besoin : Maroc, Mali, Libye de l’Est, Niger, France, Israël, Émirats, et même la Tunisie dont le peuple commence à nous soupçonner de vouloir le coloniser, après la convention militaire récemment signée.

Trump n’aura que l’embarras du choix quand il voudra nous incriminer et nous inculper. Il pourra compter sur les voisins qui sont contre nous, plus les trois puissances nucléaires qui ont des griefs contre nous (États-Unis, France, Israël). Sans parler de l’épée de Damoclès kabyle.

J’ai toujours présenté dans mes écrits et enregistrements Trump et Netanyahou comme des calamités mondiales, des périls pour l’ordre et le droit international. Ils sont sur ma page Facebook, ma chaîne Youtube et mon compte Tik Tok, par dizaines, pour qui veut vérifier.

Trump n’a pas encore soufflé la première bougie-anniversaire de son second mandat qu’il a déjà attaqué l’Iran, la Syrie, l’Irak, le Yémen, placé sous protectorat Gaza et le Venezuela, menacé Cuba et la Colombie du même sort, et maintient ses vues sur le Groenland et le Canada auxquels il vient d’ajouter le Sénégal qu’il veut acheter.

Un pouvoir lucide, visionnaire, réellement attaché à l’intérêt à long terme du pays, devrait marquer une pause nationale pour remettre à plat, dans une sorte de Congrès national, la politique intérieure et la politique extérieure du pays, au lieu de continuer à faire comme si de rien n’était. Les élections législatives prévues en juin prochain, pourraient être reportées à après la fin des travaux de ce Congrès national.

Notre pays est en danger comme il ne l’a jamais été auparavant. Des décisions doivent être préparées qui tiennent compte des scenario possibles au lieu de persister à penser que tout va comme jadis.

Trois ans de Trumpisme c’est énorme.

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