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PÉCHÉ ORIGINEL D’AUGUSTIN ET PÉCHÉ FINAL DE TRUMP

by admin

Deux Américains, l’un à la tête de la plus vaste communauté spirituelle du monde, l’autre à la tête de la première puissance matérialiste du monde, se sont affrontés ces derniers jours par médias interposés dans une séquence faisant penser à un face-à-face entre l’esprit et la matière, le Bien et le Mal, Dieu et Satan.

Le Pape était en chemin pour rejoindre l’Algérie où il voulait se ressourcer, et ouvrir une ère de confiance retrouvée entre musulmans et chrétiens algériens et les deux religions universelles, quand il a été attaqué par le second dont chaque instant de la vie semble être une occasion d’innover dans les formes infinies du mal gratuit, cruel et obscène enseignées dans le Livre d’Epstein.

Cet homme qui aurait fait plus qu’Adam n’a fait avec le « Péché originel », s’il avait été à sa place, et qui a commis dans sa longue vie non pas les sept péchés capitaux, mais soixante-dix-sept fois chacun, a accusé le Pape d’« aimer le crime » et s’est moqué de sa « faiblesse ». Une manière sans doute de le menacer de rééditer avec lui l’« opération Maduro ».

Notre époque doit avoir quelque chose de particulier pour avoir été choisie par l’Histoire pour être l’arène d’une telle confrontation, ne serait-ce que symboliquement, entre les forces du Bien, prônant par la voix du Pape la paix dans le monde et l’harmonie entre les peuples, et les proclamations triomphalistes du Mal allant du génocide commis à Gaza, au projet d’annihiler une civilisation plusieurs fois millénaire.

L’expression « Péché originel » n’existe ni dans l’Ancien Testament ni dans le Nouveau. Ce n’est pas une idée « divine », mais humaine.

Elle a été créée par Saint Augustin en 397 qui s’est inspiré d’une intuition de Saint Paul sur la faute constituée par la désobéissance à Dieu à propos de « l’arbre de la connaissance » qu’il ne fallait pas approcher.

L’Église en a fait un dogme du vivant de Saint Augustin en 418 au Concile de Carthage, puis en 529 au Concile d’Orange et, enfin, entre 1545 et 1563 au Concile de Trente.

Mais ce qu’un Concile a fait – lier – un autre Concile peut le défaire – délier – pour le plus grand bien de l’humanité qui serait ainsi lavée d’un crime qu’elle n’a pas commis et qui, entre autres, a imposé le célibat aux hommes et aux femmes de l’Église.

Le « Péché final » n’existe pas encore, mais Donald Trump qui présente tous les signes du « dernier homme de la fin de l’histoire » est tout à fait capable de le commettre dans un rire démentiel accompagnant la fin du monde par le feu nucléaire.

Ce quelque chose de particulier à notre époque, c’est peut-être l’approche du moment où les grandes religions vont prendre conscience, dans un monde devenu très précaire, que l’unique solution restant au genre humain est de « s’élever à une parole commune » ainsi que les y appelle le Coran pour construire ensemble, dans le cadre onusien et avec l’aide des sciences sociales et de la sagesse inhérente à chaque culture, un ordre éthique universel s’élevant au-dessus de toutes et à partir de ce que chacune a de meilleur.Voici une tâche jamais encore esquissée et à laquelle pourrait prendre part l’Algérie.

C’est peut-être la solution-clé aux problèmes fondamentaux de l’espèce humaine. Une réforme de toutes les religions est requise pour se hisser à la hauteur des besoins, des intérêts et des solutions attendues par l’ensemble du genre humain.

En 2014 et 2015, j’ai beaucoup écrit sur un processus de « rénovation de l’islam » qui pourrait commencer par le retour à l’ordre chronologique dans lequel le Coran a été révélé, celui dans lequel il est depuis quatorze siècles, étant le produit d’une décision convenue entre les trois premiers califes, Abou Bakr, Omar et Othman.

Celle du christianisme pourrait, elle, commencer par l’abrogation du « Péché originel ».A l’époque, j’avais été invité par l’Église d’Algérie en la personne de Monseigneur Teissier à un débat au Diocèse d’Alger sur les incidences d’une rénovation de l’islam sur les autres religions.

Parmi le public formé de cadres du clergé venus de plusieurs pays, il y avait le cardinal Jean-Pierre Vesco, alors Archevêque de Constantine, modestement assis au premier rang de la salle et prenant des notes. J’ai été sidéré, lorsque je l’ai su, par l’humilité christique de ce haut dignitaire et compatriote.

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