Régulièrement l’Eglise est éclaboussée à travers le monde par des scandales liés à des pratiques immorales et criminelles découlant en droite ligne de l’erreur d’avoir imposé aux serviteurs de Dieu « l’engagement au célibat » qui interdit le mariage à ceux et celles qui ont choisi cette Vocation.
C’est un Algérien, Saint-Augustin (354-430), qui est à l’origine de l’exégèse faite du récit chrétien de la Création et du renvoi d’Adam et d’Eve du Paradis dans lequel il a vu la commission du « péché originel » qui sera élevé, au XVI° siècle, au rang de dogme par le Concile de Trente.
Notre éminent compatriote est donc responsable d’un des plus gros problèmes que traîne le christianisme tel un boulet au pied car sans cette lecture allant à l’encontre de la nature et de la directive divine de « Croissez et multipliez !», d’innombrables et irréparables drames auraient été évités à travers les siècles.
Dans l’ouvrage consacré à sa théorie, Saint-Augustin écrit : « La procréation est infectée par le poison du désir charnel… Par cette loi, le péché originel d’Adam s’est transmis à tous ses enfants. Conçu dans le péché, l’homme est un pécheur. La suite des générations est imprégnée du péché et est anti-divine ».
Le récit biblique du « péché originel » et de l’expulsion d’Eve et d’Adam du paradis diffère de celui du Coran. Il n’y a pas de « péché originel » ni de « serpent maléfique », cause de la rupture de l’Alliance entre Dieu et l’Homme, dans le Coran.Adam et Eve sont chassés du Paradis et avec eux l’homme entame sa carrière sur la terre.
Dans la religion chrétienne, cet homme est un pécheur et doit à ce titre gagner sa rédemption, mais il ne le peut que par la Grâce.
Dans l’islam, l’homme a certes failli en transgressant l’ordre de manger de « l’arbre de la connaissance », mais Dieu a accepté de lui donner une seconde chance en envoyant périodiquement à sa descendance sur terre des prophètes pour le rappeler au droit chemin.
Le pessimisme chrétien depuis l’introduction dans sa théologie du dogme du « péché originel » est à l’opposé de l’optimisme musulman qui a libéré l’homme de toute culpabilité des origines.
Est-il possible de revenir sur cette entorse chrétienne à la nature et aux desseins de Dieu dont la responsabilité incombe à notre compatriote autant qu’aux Pères de l’Eglise qui en ont fait un dogme ? Je le pense. Surtout sous le pontificat de l’actuel Pape dont l’attachement à Saint Augustin est connu.
