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TEBBOUNE ET LA FORTUNE DE QARÛN

by admin

Dans le dossier du Sahara occidental, l’Algérie a défendu le droit international comme le croyant se prosterne cinq fois par jour dans ses prières dédiées à Dieu. Pendant cinquante ans elle a servi les intérêts du Polisario et du peuple sahraoui et les a portés à bout de bras sans fléchir ni gémir.

On ne connaît pas le montant des sommes dépensées par l’Algérie dans ce sacerdoce de « Mecque des révolutionnaires », mais son président en a donné il n’y a pas longtemps un ordre de grandeur. Il l’a comparé à la « fortune de Qarûn », un Israélite qui aurait vécu il y a 3700 ans et qui était, selon le Coran, un conseiller du Pharaon au temps de Moïse. Or la fortune de Qarûn, toujours d’après le Coran, était incommensurable, inestimable, incalculable et dit : « Nous lui avions donné des trésors dont les clefs pesaient si lourd qu’il fallait un groupe d’hommes forts pour les porter » (« Al-Qassas », verset 76).

La Bible lui consacre de plus longs développements, nous apprenant que deux mille ans avant la révélation du Coran, Qoré et 250 autres notables israélites s’étaient révoltés contre Moïse et son frère Aaron en qui ils ne voulaient pas reconnaître des prophètes. Dieu les a châtiés pour cela en les faisant engloutir par la terre.

Mais il n’y a pas que le montant des dépenses consenties au profit de la cause du Sahara occidental qui pose problème, il y a aussi leur statut juridique, leur forme et leur périodicité. Il s’agit d’actes financiers entre deux États, la RADP et la RASD, de flux financiers qui se sont étalés sur cinquante ans, et non de remises de valises d’argent liquide de temps à autre.

Ces fonds en dollars et en dinars pour la couverture des dépenses locales avaient-ils le caractère de dotations annuelles, de prêts avec ou sans intérêts ou de crédits à terme régis par des conventions en bonne et due forme ? Nous ne le savons pas.

Sauf à avoir eu dès le départ la qualité de dons à fonds perdus, non remboursables, ces financements peuvent être considérés comme des prêts ou des crédits éligibles au recouvrement lorsque la RASD aura acquis sa souveraineté.Le problème du Sahara occidental approche de son dénouement.

Si l’option de l’autodétermination gagne, elle entraînera ipso facto la naissance de la RASD. Dans ce cas, des accords seront trouvés le moment venu entre les deux États sur la forme et les délais de recouvrement de ce qui deviendra une dette extérieure de la RASD.

Mais si c’est l’option de l’autonomie sous souveraineté marocaine qui sera imposée par les Etats-Unis, le Polisario devra exiger d’eux et du Maroc l’inscription de ce problème à l’ordre du jour des discussions préalables.

Le président Tebboune pourrait aussi profiter de la sollicitude dont fait montre à son égard Mr Massad Boulos pour aider à l’introduction de ce point dans les négociations.

Il s’agit de rendre à César ce qui est à César, et au peuple algérien l’argent qu’il a prêté à Qarûn.

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