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L’ALGERIE ET LE NUCLEAIRE

by admin

La visite en Algérie il y a quelques jours du Directeur général de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, Mr Rafael Grossi, s’est conclue sur la désignation de l’Algérie comme partenaire de l’Agence dans la maîtrise et le développement en Afrique des applications civiles de cette énergie.

Il y a quelques semaines, j’ai posté un enregistrement intitulé « Bennabi et la bombe atomique » où celui-ci suggérait en mars 1949 la possibilité d’utiliser l’énergie nucléaire comme moyen de régler le problème de la désertification en Algérie (ou ailleurs).

Ce n’était pas la première fois. Un mois plus tôt, le 25 février 1949 exactement, il avait publié dans « La République algérienne » un article intitulé « Incidences de la bombe atomique » où il écrivait les paragraphes que je vais vous lire : « Le 6 août 1945, Hiroshima était pulvérisée par la première bombe atomique.

L’événement avait sans doute des incidences sur des plans multiples, notamment celui de la conscience humaine, saisie d’horreur… Mais il y avait aussi une incidence sur le plan intellectuel…

En effet, le chapitre de la science humaine avait quasiment touché à sa fin puisque l’atome – dernière citadelle de la matière – avait sauté ce jour-là.Cette attitude intellectuelle avait une double raison : d’une part dans la notion scientifique rivée à la matière depuis Descartes, et d’autre part à la conception lavoisienne qui regarde l’atome comme le terme ultime et indestructible de la matière. Cette attitude n’avait pas beaucoup changé, même quand, plus tard, la complexité de l’atome apparut grâce aux travaux de Planck, de Rutherford et de Bohr.La connaissance de l’atome demeura, malgré tout, comme le terme prédestiné de la science.

Cependant même sur ce terrain, la science était loin de dire son dernier mot, car la bombe atomique n’utilisait pas à Hiroshima toute l’énergie contenue dans la matière, mais seulement l’énergie de cohésion du noyau atomique.

Ce noyau révèle une énergie autrement considérable, représentée par la transmutation des particules nucléaires elles-mêmes en pure énergie, « l’énergie matérielle ».

D’ailleurs, le problème de cette transmutation ou plus précisément, de cette transsubstantiation, se pose d’ores et déjà.On cherche la solution en profitant de l’acquisition du « méson » que l’étude du rayonnement cosmique a révélé.

Cependant, même si cette solution était trouvée – c’est-à-dire le moyen de transformer tout matériau en énergie pure, en passant par le cycle rapide du « méson » – il n’y avait pas encore loin de penser au « dernier mot de la science ».

Il y a, en effet, encore des notions si vagues que la seule tâche de les rendre plus claires nécessiterait bien des recherches, bien des acquisitions et de nouvelles théories sur la nature intime des choses.

Dans l’état actuel de la science, des acquisitions comme celles de la mécanique ondulatoire, ne peuvent pas se traduire en langage ordinaire même avec l’appareil technologique. Constater cela, c’est constater que le langage le plus technique est, désormais, au-dessous des faits scientifiques.

Il ne pourrait cependant s’agir d’une simple impossibilité morphologique, mais d’une impossibilité plus profonde résultant d’une intellection importante de données physiques enfermées coûte que coûte, dans un système dimensionnel (Matière, Temps, Espace) ou bien incomplet, ou bien mal défini par l’une de ses coordonnées.

Il semble qu’il en est ainsi, par exemple, en ce qui concerne la coordonnée « Espace » qui répond uniquement à une définition géométrique, complétée d’ailleurs par la théorie de la relativité qui définit une quatrième dimension. Bien que complété de la sorte, l’espace demeure une notion géométrique.

Et, cependant, il semble bien participer, comme un substrat, dans certains phénomènes physiques comme l’induction électrique qu’on impute à une « déformation de l’espace ».Ce simple mot semble cependant contenir une théorie physique de l’espace qui pourrait un jour bouleverser la science actuelle.

Et si ce jour arrivait, après le chapitre de la physique de la matière, clos par l’utilisation de « l’énergie matérielle », on verrait s’ouvrir un chapitre nouveau, celui de la physique de l’espace qui peut apporter la suprême révélation sur l’énergie elle-même, sur la matière, non plus seulement de l’utiliser mais de la créer à volonté.

Mais un tel chapitre, en reculant la borne de la science qu’on avait cru toucher le jour de Hiroshima, fera reculer, en même temps les frontières de la méthode cartésienne bornée actuellement par la matière, le temps et l’espace géométrique ».

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