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KABYLIE : CAILLOUX DANS LA CHAUSSURE ET PIERRES DANS LE DOS

by admin

L’histoire du MAK va se confondre dans les prochains mois et années non pas avec le conte merveilleux de la renaissance de l’Atlantide kabyle, mais avec le récit tragique du processus de désagrégation de l’Algérie.

Sa déclaration d’indépendance de la Kabylie en est le premier coup de pioche. S’il réussit par le fait des reconnaissances internationales, il sera suivi d’autres coups qui seront donnés par d’autres sigles à l’intérieur du pays et dans les régions frontalières. Mais si on veut le faire échouer, l’étouffer dans l’œuf, ce ne sera possible qu’au prix d’importantes actions de démocratisation de la vie publique à engager à court terme, dans les six mois à venir.

En 25 ans d’existence, le MAK n’a pas avancé d’un iota jusqu’à ces dernières semaines où on l’a vu passer de la vitesse de la charrette à celle de la lumière comme si on lui a urgemment fourni des équipements embarqués de dernière génération et doté de systèmes de guidage d’une précision nanométrique.

Il n’a pas pu penser et réaliser cette avancée à lui tout seul. Il a certainement reçu des assurances politiques et des promesses diplomatiques de plusieurs entités étatiques trouvant leur intérêt dans le démantèlement du plus grand pays d’Afrique et du monde musulman, l’un des mieux nantis en ressources diverses (réserves d’eau de l’Albien, réserves en hydrocarbures, minéraux critiques, énergies renouvelables, etc) mais aussi celui qui passe pour avoir un orgueil souvent mal placé et une tchatche parfois débordante.

Les Kabyles, les Mozabites et les Touaregs sont les communautés algériennes qui présentaient le plus de caractéristiques les prédisposant au communautarisme. La Kabylie était cependant le problème le mieux préparé à l’emploi par des décennies de conflit avec le pouvoir. Un pouvoir qui n’a pas adapté ses modes opératoires et qui en est toujours aux contre-mesures de Boumediène et aux arguments du FLN de Messadia.

Le MAK a proclamé l’indépendance de la Kabylie comme on pose un piège dans la forêt pour chasser, ou jette un filet à la mer pour pêcher. Il a fait de la Kabylie un piège, un miroir aux alouettes, et des Kabyles des otages. Il sait qu’il n’a aucune prise significative sur eux, qu’ils haïssent en majorité le pouvoir, mais il sait aussi qu’ils refusent le séparatisme auquel il veut les emmener de force.

Il a monté ce stratagème en imaginant que la Kabylie tomberait d’elle-même dans son escarcelle comme un fruit mûr de son arbre, et mis, du même coup, des cailloux dans les chaussures du pouvoir pour lui rendre la marche douloureuse puis impossible.Le premier test réel de la volonté de la Kabylie de rester dans l’Algérie ou de la quitter aura lieu dans six mois, c’est-à-dire à l’occasion des prochaines élections législatives qui auront lieu en juin prochain.

Le taux de participation aura valeur de réponse référendaire démocratique. S’il est supérieur à 50,1 %, des suffrages exprimés, ce sera bon pour l’Algérie; si ce sera inférieur à ce taux, ce sera un bon point pour le Mak et une pièce à conviction supplémentaire dans le dossier déjà déposé ou qui le sera auprès de l’ONU.

Tout le monde sait que la Kabylie n’a plus voté depuis le Hirak (2019). Ni aux deux présidentielles, ni au référendum sur la constitution, ni aux législatives et aux municipales. Et ce n’était pas à cause du MAK, mais du pouvoir. Si ce dernier n’arrive pas à convaincre la Kabylie d’aller voter en juin prochain, il vaudra mieux différer ce scrutin et le remplacer par un agenda d’importance nationale.

Cette fois, quelque chose a vraiment changé à l’intérieur du pays, comme à l’extérieur. On n’est plus à l’Âge de pierre, au lancer de pierres cachées dans le dos, au tire-boulettes ou à la fronde, nous sommes aux temps absurdes et imprévisibles du Trumpisme.

Ceux qui ont investi dans le MAK savent ce qu’ils font, pourquoi ils le font, les buts qu’ils doivent atteindre et quels avantages ils tireront de cet investissement à long terme.

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