Il n’y a pas de bon âge ou de bon moment pour mourir. Ni pour le partant, ni pour ceux qu’il quitte.
En ce vendredi 24 avril 2026, tôt le matin, vers les quatre heures, un homme est parti en silence, dans le calme, en bon ordre, après une vie terminée comme il l’avait débutée : dans les clous, sur le droit chemin, avec le sentiment du devoir accompli envers Dieu, son pays et ceux à qui il a eu affaire en ce monde. Il s’appelait Ammar Boukrouh.
Deux pensées sont en concurrence pour expliquer le choix du jour : un jour de week-end pour déranger le moins ou un jour saint pour déférer à la dévotion de rigueur chez nous. Sachant combien il était humble, je pencherai pour la première.
Il était de ces Algériens-modèles des temps anciens allant de la Préhistoire à l’Indépendance, pétris dans la foi, les certitudes qu’elle dispense et une aspiration à la dignité transcendant toute autre considération humaine.
Des rocs de valeurs faits de presque rien, dressés en pleine nature tels des artefacts indatables et inimitables.
Des maîtres à penser qui enseignaient plus par leurs silences que par la parole dont ils étaient économes.
Des exemples à suivre car si on pouvait estimer au départ qu’ils étaient durs et exigeants, on s’apercevait à l’arrivée qu’ils avaient raison, qu’ils étaient dans le juste.
Si on me demandait de choisir un seul mot dans une langue pour l’y faire tenir, je dirais « droiture. Au sens propre et figuré.
Je lui dois ce qu’il y a de valable en moi, le reste est de ma faute.
UN DE SES FILS
