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LA SOLUTION EST DANS NOTRE AMAZIGHITE

by admin

La décision de faire du premier jour de l’an berbère une journée chômée et payée, n’était pas un cadeau fait au peuple algérien.

En réalité, il s’agissait ni plus ni moins que d’une victoire de la cause amazighe portée principalement par la Kabylie où une conscience citoyenne s’est formée au fil du temps et des épreuves…

Cette décision est la preuve, une fois de plus, qu’une mobilisation citoyenne même portée par une minorité, peut déboucher sur la réalisation de grands idéaux comme la libération d’une occupation coloniale hier, ou un repositionnement identitaire de nos jours

. Aujourd’hui, la généralité des Algériens adhère à l’idée d’être des Amazighs et de posséder une langue originelle dont ils vont progressivement retrouver l’usage.

Quatre wilayas ont imposé la reconnaissance officielle de la dimension amazighe, puis la prise en charge par l’État de l’enseignement de tamazight, puis la constitutionnalisation de tamazight comme langue nationale et officielle et, enfin, la reconnaissance officielle du calendrier berbère.Il ne faut pas cependant que les astuces employées par le pouvoir pour distraire les gens, triomphent de la naïveté inhérente aux mouvements citoyens.

En l’occurrence, il peut avoir concédé aux défenseurs de l’amazighité leur passé en échange de leur présent et de leur avenir, leur accorder des célébrations qui flattent leur orgueil, pour qu’ils se taisent sur leurs libertés fondamentales de penser ou de s’exprimer.

Le sujet qui s’impose à nos consciences aujourd’hui, c’est quoi et comment faire pour passer à une nouvelle période de l’histoire de l’Algérie en tirant les leçons de la première période (1962-2025) où les dirigeants, appartenant à une même génération à peu près, ont assumé le pouvoir sans y être préparés, sans en avoir les aptitudes, avec un esprit patrimonial et en institutionnalisant la fraude électorale, le régionalisme et le clanisme.

L’alternance historique dont il est question dépasse la notion d’alternative politique, et va au-delà d’un banal renouvellement générationnel. Elle vise à assurer à l’Algérie les conditions de sa perpétuation dans l’Histoire comme nation viable et État moderne, et doit pour cela se traduire en changement de paradigme, de mode de pensée et d’action, de projet de société et de gouvernance.

La condition sine qua non à la réalisation de l’alternance historique est l’unité nationale. Or la question amazighe a longtemps été instrumentalisée par le colonialisme, puis par le pouvoir, puis par des partis politiques qui la destinaient à un degré ou un autre à être une ligne de fracture entre l’épicentre de la cause amazighe, la Kabylie, et le reste du pays.

Le débat sur l’identité algérienne s’est ouvert au sein du mouvement national bien avant l’engagement de la lutte de libération, mais il a été étouffé dans l’œuf et les partisans de la prise en compte de la dimension berbère dans la définition de la personnalité algérienne sanctionnés.

Après l’indépendance, le problème s’est de nouveau posé et a vite été présenté comme une menace contre l’unité nationale et la sûreté de l’État.

Le pouvoir n’a jamais traité dans le fond, sincèrement et sérieusement cette problématique, mais seulement en surface, à reculons, en se résignant aux concessions qui lui ont été arrachées.

Il s’est intéressé à elle après octobre 1988 dans un but utilitaire : en faire une « açabiya » à opposer à l’ islamisme politique. Une fois le danger passé et le terrorisme vaincu, il a inversé les rôles : retourner l’islamisme contre l’amazighité.

Le nouveau dans l’histoire de la cause amazighe est qu’après avoir réussi à échapper au rôle que voulait lui faire jouer insidieusement le colonialisme, puis le pouvoir, elle est en train de d’échapper à la tentation séparatiste. Les mois et les années à venir seront cruciaux à cet égard.

La question de nos origines et de notre identité ayant été tranchée, il reste à trancher celle de notre vocation dans l’histoire, de notre avenir commun, des buts à atteindre ensemble et des méthodes réalistes et consensuelles à employer.

Étant d’accord sur qui nous sommes, il nous reste à nous entendre sur ce que nous devons faire pour être effectivement des « hommes libres », des Amazighs vivant dans un État moderne, démocratique et social comme le voulaient nos chouhada.

C’est la seule voie, après le parti unique et le socialisme, le commerce avec la Révolution du 1er novembre et la mémoire des chouhada, le populisme et le trabendisme économique et politique, qu’on n’a pas encore testée.

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