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MAROC : LA PEUR D’UN RETOUR A 2011

by admin

C’est au « Printemps arabe » que les Marocains doivent les grandes avancées démocratiques, économiques et sociales réalisés par leur pays entre 2011 et 2025.

Et cela, grâce à la lucidité du Roi qui avait soumis aux Marocains une nouvelle constitution partageant ses pouvoirs avec le peuple représenté par une majorité parlementaire.

Un an avant le scrutin législatif qui devait voir s’affronter de nouveau la coalition au pouvoir, proche du Roi, et son adversaire islamiste, le PJD, le compromis qui tenait depuis 2011 a subitement volé en éclats, ramenant le pays aux peurs de 2011.

Les 14 années écoulées ont été dominées par le courant islamiste entre 2011 et 2021, et le groupe de partis dirigé par Mr Aziz Akhannouch de 2021 à 2026 (en principe).

Il est difficile de ne pas voir dans les événements qui ont éclaté il y a une semaine au Maroc un « Bis repetita » qui pourrait le ramener à quatorze ans en arrière, quand un jeune vendeur ambulant tunisien s’était immolé par le feu avant de décéder dans un hôpital.

Au Maroc, c’est d’un hôpital où huit femmes sont mortes par la faute d’un manque d’équipements que la tornade est partie à l’instigation d’un sigle – « Génération Z-212 » – qui rappelle le sigle « Génération Facebook » à l’origine des révolutions arabes.C’est à cette trame d’idées diffuses qu’on doit ramener l’embarras du Palais royal pris au dépourvu.

La coalition sur laquelle il avait compté depuis 2021 pour mieux gérer le pays, a brusquement été désavouée par l’opinion publique, sans qu’il n’ait le moyen juridique de renvoyer le chef de Gouvernement contesté, ni le désir de dissoudre la Chambre des Représentants qui risque d’être réinvestie en cas d’élection anticipée par un PJD profitant de l’opportunité ouverte par « Génération Z-212 » et de possibles gains électoraux tirés du prochain débat parlementaire sur le projet de Moudawana (Code de la famille).

Crainte largement justifiée par le mystère entourant « GEN-Z-212 » dont personne ne sait rien, tout comme les « Générations Facebook » qui avaient déclenché un mouvement impétueux de l’histoire qui a emporté bon nombre de despotes, mais terminé sa course entre les mains de l’islamisme.

Partout où des élections législatives ou présidentielles libres ont eu lieu, elles ont été gagnées par des partis islamistes. Si les révolutions ont commencé arabes et fini islamistes, c’est parce que « réveil » et « vote » n’avaient ni les mêmes déterminants, ni les mêmes acteurs.

Dans l’affaire, il n’y avait pas les révolutionnaires d’un côté et les islamistes de l’autre, mais un troisième larron, le corps électoral, souvent l’auteur de surprises dans les urnes, même dans les démocraties les plus vieilles.

L’Algérie, le Maroc et la Tunisie cachent tant bien que mal leur peur d’un retour de l’islamisme au pouvoir dont tous les trois ont eu un avant-goût il n’y a pas longtemps. Ils savent qu’en cas de crise grave, politique ou économique, « ils reviendront »…

Dans les cercles de pouvoir, on y pense en silence et n’en parle qu’entre soi, parfois sans avoir besoin de mots.

C’est le cas depuis l’apparition de « Gen-Z-212 » qui peut vite sauter au 213 ou au 216.

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