L’entourage du président Trump a fait savoir qu’il travaillait sur un Accord de paix entre l’Algérie et le Maroc alors que ces deux pays ne sont pas en guerre. Ils sont depuis longtemps sur le pied de guerre, mais le pas n’a jamais été franchi.
Les deux pays sont en désaccord sur un sujet principal, celui du Sahara occidental dans lequel l’Algérie a soutenu les préconisations de l’ONU jusqu’à ces dernières années, quand la démarche de l’ONU a été déviée et remplacée par la décision de reconnaître individuellement la « marocanité du Sahara occidental ».
Un consensus semble avoir été trouvé entre les membres du Conseil de sécurité pour valider ce fait du prince et clore le dossier d’ici quelques mois en imposant « L’initiative marocaine » comme unique cadre de solution.Ce après quoi l’Algérie et le Polisario se sont retrouvés isolés, esseulés, mis en minorité et menacés de sanctions, voire de représailles.
De mon point de vue, même cette ouverture devrait être explorée par le Polisario en se rendant à des négociations sous l’égide de l’ONU avec des compléments ou des contre-propositions. C’était le sens de mon précédent enregistrement intitulé « Sahara occidental : le dernier quart d’heure », qui n’était pas une incitation à la reddition, mais un recours aux ultimes ressources de l’intelligence.
Il sera toujours temps d’aller au pire.L’Algérie et le Maroc n’ont pas de problème de frontières depuis l’adoption en 1992 par le parlement de ce dernier du tracé des frontières entre les deux pays.
En revanche, la présence dans la Constitution marocaine d’un article (42, Titre III) affirmant que « Le Roi garantit l’indépendance de la nation et l’intégrité territoriale du royaume dans ses FRONTIERES AUTHENTIQUES » pose un problème au voisinage du Maroc (Espagne, Mauritanie, Mali et Algérie) et à la communauté internationale. Le Sahara occidental en a déjà fait les frais.
Cette mention signifie que le Maroc ne reconnaît pas ses frontières actuelles, celles que le monde lui connaît depuis 1956, qu’il ne les estime pas « authentiques » et que par conséquent il devra les rétablir en se prévalant de critères arrêtés par lui seul, en violation du principe de l’intangibilité des frontières sur lequel repose le droit international. Ce qui représente une menace permanente sur la paix dans la région euromaghrébine.
L’accord de paix auquel travaillent les experts américains ne devrait pas ignorer cette donnée car c’est là que résident la source d’inquiétude générale et les risques de guerre au Maghreb.
