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KABYLIE : POUR UN NOUVEAU MODÈLE DÉMOCRATIQUE ALGÉRIEN

by admin

L’affaire du Sahara occidental dans laquelle s’est impliqué le pouvoir algérien en 1975 au nom du « droit à l’autodétermination des peuples », lui a pris 50 années de sa vie sur 63 et coûté des dizaines de milliards de dollars soustraits au développement de son pays. Pour se retrouver en fin de compte une main devant, une main derrière, et « Gros Jean comme devant » selon une vieille expression française qui signifie : « Avoir conçu de grandes espérances et se retrouver dans la même situation qu’auparavant. »

En un jour, en une séance de vote du Conseil de sécurité, le dossier a été bouclé au bénéfice du Maroc qui a augmenté de 70 % sa superficie et ses ressources naturelles, gagné plus d’argent qu’il n’en a mis, et amassé du prestige à n’en savoir que faire.

Alors même que nous n’avons pas encore évalué les conséquences de cet échec sur notre avenir, une autre affaire de « droit à l’autodétermination des peuples » nous tombe du ciel, pile poil sur la tête, manquant de la fracasser du coup. Heureusement que nous l’avons dure, de naissance.

Cette nouvelle affaire qui ne sera certainement pas la dernière ne durera pas 50 ans mais au bas mot le double, et ne se déroulera pas chez les voisins mais chez nous, « Fi wast dar » ! Qui est responsable de cette Bérézina ? Qui doit prendre le chemin de Canossa pour aller faire pénitence ? Les « mendiants et orgueilleux », les sourds aux alertes et aux mises en garde, les aveugles aux réalités ? Qui a trahi l’Appel du 1er novembre 1954 promettant une « République Démocratique et Sociale » ? Qui a détruit le rêve des Martyrs en faisant de leurs descendants des « boat-people » préférant mourir en mer que vivre en leur pays ?

Le pouvoir accuse les « traîtres de l’intérieur » (khayan dar) parmi lesquels il a identifié trois têtes de Turc : le francophone Boualem Sansal qui se rêvait en Soljenitsyne, le berbérophone Ferhat Mhenni qui se voyait en Thomas Jefferson, et l’arabophone Bouokba qui a eu l’intelligence de se qualifier lui-même de « mo’arbaz » (arabouseux) dans la vidéo qui a servi à l’arrêter, ce qui lui a ôté toute valeur marchande, mais évité cinq ans de prison.

On me reproche de trop focaliser ces derniers temps sur la Kabylie. C’est parce que le dossier a changé de nature comme on s’en rendra compte dans les prochains mois. Il est passé des mains des militants berbéristes locaux et de la diaspora, à l’action concertée de plusieurs pays pour transformer l’Algérie, dans les années à venir, en « Royaumes combattants » de l’Antiquité chinoise, en « Guerre du Péloponnèse » de l’Antiquité grecque, ou en « Royaumes des Taïfas » qui ont fragmenté l’Espagne musulmane avant de la rendre aux Chrétiens.

Quelque chose a changé dans le fond et la forme du MAK tel qu’on le connaissait. Il a visiblement reçu d’importants renforts en idées, en communication, en compétences, en moyens financiers et en soutiens internationaux qui témoignent qu’il se prépare à une nouvelle phase pour exécuter une partition déjà écrite. Une partition au sens politique et musical du terme.

Le mot « musique » vient de Muse, source d’inspiration poétique et de créativité artistique dans la mythologie grecque. Après avoir longtemps taquiné la muse, Ferhat Mhenni semble avoir rencontré la sienne tout récemment. Il savait chanter.

Maintenant, il sait comment faire chanter les autres, et d’abord le pouvoir algérien : en convoquant les orchestres philharmoniques et les chœurs occidentaux sous les applaudissements universels, et lui la fleur au fusil.Il n’a plus besoin de chanter, ni de revenir aux marches à pied qui usent les souliers, au milieu des rangs clairsemés et des voix enrouées des manifestants, Place de la Nation ou de la République…

Si Michel Sardou a sauvé sa carrière en 1978 grâce à la fameuse chanson, « En chantant », Ferhat Mhenni vient de sauver sa cause en cette fin 2025 en composant une partition digne des opéras de Wagner : « Déclaration Unilatérale d’Indépendance ».

Reste au pouvoir algérien à relever le défi non pas en affûtant les moyens de répression, mais en innovant dans la recherche des solutions. Comme par exemple réfléchir à réunir d’ici les prochaines élections législatives un Congrès de l’Unité Nationale qui jetterait les bases d’un NOUVEAU MODÈLE DÉMOCRATIQUE NATIONAL inspiré d’une lecture actualisée des Textes de la Révolution algérienne.

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