Ce 3 janvier 2026, j’ai reçu les nouvelles en provenance du Venezuela avec un double sentiment. Celui, démoralisant, de l’injustice consacrant une fois de plus, la victoire de la force sur le droit international, et un autre, reposant, que les despotes peuvent payer de leur vivant pour le mal qu’ils ont fait à leurs peuples.
Je sais combien il peut être rageant de voir un Trump ou un Netanyahou attaquer les pays et les populations qu’il veut, tuant leurs responsables chez eux ou dans leurs bureaux, mais il ne devrait pas être moins rageant de voir des despotes disposant de leurs peuples et de leurs pays à volonté, et dilapidant leurs richesses sans scrupules.
Les noms et les visages de quelques-uns de ces despotes (Noriega, Saddam, Kaddafi, Moubarak, Bachar…) sont remontés à ma mémoire, me rappelant les circonstances humiliantes de leur capture, leur fuite ou leur mort. Ces individus malfaisants ont été soutenus par l’Algérie, comme l’était Maduro jusqu’à aujourd’hui et comme le sera Kaïs Saïed jusqu’à sa chute
.Pourquoi Maduro n’est-il pas mort les armes à la main comme Salvadore Allende au Chili en 1973 ? Pourquoi s’est-il rendu plutôt que mourir dans l’honneur et la fidélité à ses discours et ses fanfaronnades publiques? Parce qu’il n’était pas le héros pour lequel il se faisait passer devant son peuple crédule, mais un héros de pacotille, un « Haggar » de sa population, un clown débile adorant amuser des admirateurs serviles.
Pour moi, ce n’est pas la souveraineté du Venezuela qui a été frappée aujourd’hui, mais le droit divin de mal gouverner incarné en la circonstance par un dictateur ignare qui a ruiné son pays, réduit sa monnaie à une monnaie de singe, et chassé dix millions de Venezueliens de leur pays.
Quelques heures avant d’être capturé, Maduro recevait une importante délégation chinoise venue l’assurer de son soutien et discuter pétrole. Il venait aussi de donner une interview où il offrait à Trump tous les puits de pétrole venezueliens en échange de sa vie. On l’avait vu pendant des semaines danser en tenue militaire ou enveloppé dans le drapeau national, brandissant haut une épée bolivarienne ou un fusil en guise de défis lancés à Trump.
Cette nuit, il dort dans une prison américaine, lui qui a tant jeté d’opposants démocrates dans ses prisons insalubres.Où sont passés les S400 russes, lees missiles chinois, les drones iraniens, le soutien militaire de ces trois pays ? Où est passée l’armée du Venezuela ? Elle et ces trois pays ont vendu Maduro et le Venezuela à Trump qui a pu menr l’opération avec zéro pertes de son côté ou du côté venezuelien.
Le pays est désormais sous protectorat américain pour on ne sait combien d’années ou de décennies.
L’Algérie et le Venezuela sont des pays amis de longue date. Au sens sentimental du terme car la coopération et les échanges commerciaux entre eux sont presque nuls. Tous les deux tirent leurs moyens d’existence de la rente pétrolière, faute d’avoir réussi à construire des économies diversifiées et exportatrices.
Ils développent un discours anti-impérialiste de pure forme, se revendiquent de valeurs révolutionnaires qui n’engagent à rien, et exercent un pouvoir autoritaire qu’ils s’efforcent de dissimuler derrière un discours populiste et souverainiste. En réalité, il n’a pour but que d’étouffer les libertés publiques et les droits de l’homme.
Nonobstant les performances et les résultats de la participation de l’Algérie à la Coupe africaine des nations que le pays espère à tout le moins honorables, l’année 2026 commence mal pour l’Algérie aussi bien à l’interne qu’à l’externe.
Sur le plan interne, l’inquiétude s’est étendue en quelques jours à plusieurs secteurs : poursuite dangereuse de la dépréciation du dinar, création monétaire de plus en plus proche du trafic de fausse monnaie, refus des dépôts de cash favorisant le marché parallèle de la devise, contestation du projet de loi relatif à la circulation routière, grève des transporteurs, augmentation des prix des carburants et répercussions sur une grande quantité de produits…
Sur le plan externe, plusieurs dossiers menacent la stabilité du pays : Contestations des frontières émanant de tout le voisinage ; Convention algéro-marocaine sur Gara Djebilet ouvrant la porte au problème du « Sahara oriental » avec l’appui français; Convention militaire algéro-tunisienne ; Indépendance de la Kabylie ; Mise en cause de hauts responsables dans des affaires de terrorisme en France et en Espagne ; Plaintes pour atteintes aux droits de l’homme déposées auprès de plusieurs instances internationales ; Accusations de soutien au terrorisme au Mali et au Sahara occidental ; Trafic de cocaïne…
Le monde va changer à grande vitesse dans les prochains mois, et l’actualité internationale connaître des rebondissements inattendus. Les calculs que peut avoir fait l’Algérie pour 2026 doivent être revus, ainsi que le logiciel qui les produit. Sans délais, si on veut aller tranquilles jusqu’à la fin de la nouvelle année. Au-delà, nul ne peut prédire…
