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1) L’ÉTAT MUSULMAN EST NE DANS LE SANG

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En 610, Mohammad devient prophète en recevant la révélation du premier verset coranique. En 622, soit douze ans après, il quitte la Mecque et émigre à Médine dont il fait la capitale de l’État musulman naissant. Il décède des suites d’une maladie ou d’un empoisonnement, selon des sources différentes, en juin 632 (an 11 de l’Hégire).

Une fois sa mort rendue publique, une réunion se tient pour discuter de la succession. Les « Ansars » (Médinois) demandent qu’un des leurs les commande, et demandent aux « Mouhadjirines » (ceux qui ont émigré de la Mecque pour suivre le Prophète) d’en faire autant. Abou Bakr rejette l’idée en s’appuyant sur un hadith (« Donnez la primauté aux Qoraiches (Mecquois), et ne la prenez pas sur eux ») et propose Omar à la succession.

Les Ansars portent leur choix sur Ali, resté auprès de la dépouille du Prophète. Dans un geste d’autorité, Omar lève la main d’Abou Bakr et lui prête serment d’allégeance (Bey’â). Les Ansars s’alignent sur son choix. .

Abou Soufyan, un notable mecquois fraîchement converti à l’islam, réclame le pouvoir pour sa tribu, les Banou Omayya. Pour lui donner à moitié satisfaction, Abou Bakr décide de nommer son fils aîné, Yazid, comme gouverneur de Syrie (Sham).

Abou soufyan accepte de prêter serment à Abou Bakr (selon d’autres sources, il ne l’aurait pas fait à l’instar de Ali et de Saâd Ibn Obada, le chef des Ansars médinois). L’historien Tabari nous apprend qu’entre-temps « le corps du Prophète, couvert d’un manteau, gisait abandonné dans sa maison. Tous étaient occupés de l’affaire de l’élection, personne ne songeait à la lotion funéraire, ni à son enterrement ».

Le califat d’Abou Bakr dure deux ans et quatre mois. Se sachant malade et à la veille de sa mort en 634 (an 13 de l’Hégire), il demande conseil à Abderrahman Ibn Auf et à Othman au sujet de sa succession, puis réunit « Ansars » et « Mouhadjirines » qui acceptent sa décision de nommer Omar Ibn al-Khattab pour lui succéder.

Le règne de Omar dure dix ans. En 644 (an 26 H.), il est assassiné dans la mosquée. Avant de mourir, il propose sa succession à Abderrahman Ibn Auf qui refuse. Il charge alors un commission de six membres, (Ali, Othman, Zubair, Saäd Ibn Abi Waqas, Talha et son propre fils, Abdallah ibn Omar, à qui il interdit toutefois de se porter candidat), de choisir un successeur parmi eux. Après des tractations menées par Amr Ibn-al-As, gouverneur d’Égypte et affilié aux Banou Omayya, Othman est désigné. Le califat de Othman dure douze ans.

En 656 (an 35 H.), il est assassiné dans d’atroces conditions à Médine par un mouvement séditieux qui lui reproche son népotisme en faveur des Banou Omayya.

Pendant sept jours, des négociations sont menées en vue de parvenir au choix de son successeur. Sollicité par la communauté, Ali finit après des réticences par accepter sa proclamation comme calife. Les Banou Omayya lui refusent leur allégeance.

En retour, il destitue ceux d’entre eux qui détenaient des postes de gouverneur, y compris Moawiya, mais ses décisions ne sont pas appliquées.Ceux qui étaient opposés à son élection se regroupent autour de Aïcha, la veuve du Prophète, qui tenait rigueur à Ali depuis la suspicion dont elle avait fait l’objet de sa part lorsqu’elle s’était égarée dans le désert.

Talha et Zubair, deux éminents compagnons du Prophète qui lui en voulaient pour leur part de ne pas les avoir nommés à la tête des provinces de Basra et Koufa, se solidarisent d’elle, de même que les gouverneurs de la Mecque et de Koufa.

A Damas, Moawiya fait répandre la rumeur que c’est Ali qui est à l’origine de la rébellion qui a conduit à la mort de Othman.Les partisans de Aïcha rassemblent près de Basra 30.000 hommes en vue d’affronter Ali. A la tête de 20.000 hommes, Ali va à leur rencontre et les défait. Talha et Zubair sont tués dans la bataille que l’histoire retiendra sous le nom de « Journée du chameau ». Aïcha est capturée puis libérée sur ses instructions.

Ali décide de transférer sa capitale à Koufa, en Irak. Ce front de la contestation maîtrisé, Ali marche sur Damas à la tête d’une armée de 50.000 hommes pour affronter Moawiya qui a regroupé autour de lui 80.000 soldats.

Une bataille s’engage en 657 (an 37 H.) à Siffin sur les bords de l’Euphrate. Les fils de Omar, de Khaled Ibn al-Walid et de Amr Ibn al-As étaient du côté de Moawiyya ; un des fils d’Abou Bakr était du côté de Ali, tandis qu’un autre était du côté de Moawiya. Les affrontements durent un mois au cours desquels Ammar Ibn Yasser (un des tous premiers compagnons du Prophète, partisan de Ali), meurt au combat en même temps que le fils de Saâd Ibn Abi Waqas. Ali remporte la bataille.

Moawiya demande alors une trêve et un « arbitrage ». La bataille de Siffin où se sont affrontés la légitimité incarnée par Ali et l’esprit de clan représenté par Moawiya auquel s’étaient ralliés un certain nombre de compagnons du Prophète, s’est soldée par la mort de plus de 40.000 musulmans.

Ali ayant accepté la proposition d’arbitrage de Moawiya, une dissidence éclate dans ses rangs, menée par une aile hostile à l’idée d’arbitrage qu’on appellera les « Kharidjites » (ceux qui sont sortis des rangs). Ceux-ci estiment que la légitimité de Ali n’était pas discutable et aurait dû être défendue par les armes, d’autant que celles-ci leur étaient favorables. La commission d’arbitrage donne raison en 659 (an 38 H.) à Moawiya qui est aussitôt reconnu comme calife en Syrie, en Égypte, en Palestine et au Hedjaz.

Ali n’est reconnu qu’en Irak et en Iran. Moawiya nomme Abou Horeïra, un illustre compagnon du Prophète à Médine, et Amr Ibn al-As en Egypte. Abdallah Ibn Abbas oncle du Prophète, abandonne Ali. Le propre frère de ce dernier, Aqîl, rejoint le camp de Moawiya. En 661 (an 40 H.), Ali est assassiné par un « Kharidjite » à Koufa où il s’était retiré. Son califat aura duré quatre ans. Interpellé sur son lit de mort, il refuse de désigner un successeur.

La période des « Khoulafa ar-rachidine » se termine dans le sang. Des quatre premiers califes désignés plus ou moins démocratiquement, seul le premier, Abou Bakr, est mort de mort naturelle. (A SUIVRE)

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