Home ARTICLESLA PEUR DE TRUMP EST LE DÉBUT DE LA SAGESSE

LA PEUR DE TRUMP EST LE DÉBUT DE LA SAGESSE

by admin

Tout est possible et tout peut arriver dans la vie. Le champ du possible étant aussi vaste que l’univers en expansion, le champ de l’impossible rétrécit au fur et à mesure du rétrécissement de notre ignorance.

De ce principe est née la Prospective dont on peut dire qu’elle est la science de la prescience, de la pré-connaissance. Comme un télescope, elle essaie de regarder le plus loin possible ou, comme un radar, détecter à l’avance l’apparition d’une menace pour la contrer. Elle explore le futur à travers les tendances constatées et les probabilités déduites.

Faire de la prospective c’est anticiper ce qui n’est pas encore arrivé, mais qui peut être inféré de l’examen de ce qui est déjà arrivé et de ses conséquences. En un mot, c’est prévoir, c’est-à-dire voir à l’avance, avant qu’une chose ne soit visible, qu’un événement ne survienne ou qu’un missile n’atteigne sa cible.

Il y a presque trois siècles Montesquieu jetait dans son œuvre maîtresse « L’esprit des lois », les bases de la « gouvernance anticipative » avant la lettre en écrivant : « L’essentiel d’une politique prévoyante est de voir quels chemins parcourent les États et comment ces chemins s’infléchissent, afin que sachant où tend chaque mouvement, on puisse y faire obstacle ou même le prévenir ».

L’Algérie possède depuis l’époque de Chadli un Institut d’Études stratégiques et de Prospective qui était censé élaborer une vision anticipatrice qui aiderait à gouverner selon le principe de « Gouverner c’est prévoir ».

Or nos dirigeants, de Boumediene à Tebboune, n’ont pas prévu le gigantesque échec qui nous attendait au Sahara occidental pour ne prendre que cet exemple car il y en a d’autres. Le moment du procès n’est pas encore venu, mais il viendra inévitablement.

En ce qui me concerne, j’aimerais juste poser une question : que faire pour ne pas échouer dans les problèmes naissants relatifs au « Sahara oriental », à la convention algéro-marocaine sur Gara Djebilat et au reste de nos frontières remises en cause par d’autres pays ? On n’a pas vu venir la proclamation de l’indépendance de la Kabylie, essayons de prévenir celle de la République targuie ou Azawad, du Mzab, des Touaregs, des Kotamas, des Ouled Naïls, des Banou Hilal et de je ne sais qui d’autre.

« Gouverner, c’est prévoir » étant apparemment trop compliqué pour nous, on devrait créer un « Institut de Rétrospective » qui pourrait nous expliquer le pourquoi et le comment de nos échecs variés et divers. On y enseignera l’art de tirer des leçons de ses échecs pour ne pas les reproduire.

Avec ce qui se passe sous nos yeux dans le monde, j’espère qu’on va en finir avec les tartarinades burlesques et prendre la mesure des périls auxquels nous allons être confrontés. Pourquoi ne pas prendre l’engagement de devenir meilleurs que nous sommes ?

Nous avons trop débordé, nous sommes devenus infréquentables, insortables, immontrables, l’objet de risée… Notre image de marque dans le monde s’est gravement détériorée.

Les Algériens de la rue s’estiment arrivés au summum de leur perfection et pensent être les meilleurs de la création humaine au simple motif qu’ils peuvent se passer des usages et du respect des règles.

Leurs défauts ne sont pas cachés, mais exhibés comme des trophées. Ils en ont fait des qualités reconnues, assumées, célébrées. On les chante même.

Et à Alger, le peuple est fier de ces comportements et ses dirigeants prêts à remplir les prisons de ceux qui n’y voient pas « l’amour de la patrie » et l’honneur de l’Algérie.Depuis quelques jours, la diplomatie algérienne semble retrouver miraculeusement le chemin de la sagesse.

Dans l’affaire du Sahara occidental, comme dans l’agression de l’Iran par Israël et les États-Unis. Il était temps, mais n’est-ce pas trop tard ?

Trump le dira.

You may also like

Leave a Comment