Home ARTICLESPRÉPARONS-NOUS A NOUS PASSER DE L’ÉTAT…

PRÉPARONS-NOUS A NOUS PASSER DE L’ÉTAT…

by admin

L’agression israélo-américaine contre l’Iran n’est pas une guerre, mais une entreprise de destruction totale d’une dictature religieuse devenue assez forte pour être en mesure de soumettre les pays arabes du Golfe à son joug, et empêcher ainsi la domination totale d’Israël sur le Moyen-Orient.

L’Amérique de Trump a été convaincue par Netanyahou, on ne sait comment, de mettre sa puissance militaire au service de cet objectif vital dans la vision du monde non moins religieuse d’Israël. A eux deux ces hommes ont démoli le droit international, le multilatéralisme et la raison d’être du système onusien.

Il n’y a plus de monde unipolaire et il n’y aura pas de monde multipolaire, mais une lutte acharnée entre des ego nationaux cherchant à s’emparer de ce qu’ils peuvent dans une planète menacée de disparition dans un brouillard nucléaire. Au quatrième jour de cette agression, ce qui était redouté par le monde entier a commencé :

une hausse des prix des hydrocarbures appelée à crever le plafond, une inflation mondiale à deux ou trois chiffres qui plongera les peuples dans la misère, et un dérèglement économique systémique qui bouleversera tous les aspects de la vie humaine.Le bonheur des uns fait le malheur des autres, dit-on.

L’Algérie fait partie des pays qui profiteront de cette hausse, mais en apparence seulement et pour peu de temps, car si elle est un petit exportateur d’hydrocarbures, elle est un grand importateur de tout, biens et services. Sa facture des importations s’envolera à la vitesse de l’inflation internationale, et laminera en grande partie ces gains.

En revanche, elle pourrait engranger d’autres gains, comme celui de tirer les enseignements de l’agression contre l’Iran en s’imaginant être à sa place. Il en résulterait une prise de conscience qui lui ferait prendre les devants, avant qu’il ne soit trop tard.

Elle pourrait, dans cette perspective, consacrer une partie du surplus de l’argent généré par l’augmentation du pétrole et gaz au financement des dépenses nécessitées par la prévention d’une agression extérieure du type de celle qui se déroule sous nos yeux.

Des questions se présentent d’elles-mêmes à l’esprit : Possédons-nous des plans pour faire face à un exode de populations, à des déplacements forcés ou à des ordres d’évacuation d’un lieu d’habitation ou de travail qui seront les premières conséquences d’une attaque?

A-t-on pensé à construire des abris pour protéger la population contre les raids aériens et les missiles balistiques ou même nucléaires ? A acquérir des équipement de protection contre la radio-activité pour les Algériens des villes et des campagnes ?

A renforcer les moyens d’intervention de la protection civile, du Croissant rouge, des associations d’assistance à des segments de population ? A équiper les tunnels du métro dans la capitale de telle sorte qu’ils puissent être convertis en refuges dotés des moyens nécessaires à la survie ?

A envisager des stocks stratégiques de produits alimentaires non périssables, de médicaments et consommables médicaux durables, des lits de camp ?

Bien sûr, les Algériens sont débrouillards et connaissent les ressources du Système D, mais la modernité a beaucoup modifié les habitudes de vie et les modes de penser depuis l’indépendance. Ils sont nombreux à avoir gardé un fil avec l’arrière-pays, le monde rural, le « bled »… Chacun est affilié à un « Arch », une tribu, une déchra, un douar…

L’ancien temps n’est pas très loin derrière nous, et nous avons encore en mémoire les anciens réflexes de solidarité, de « touiza », de partage de l’eau et de la galette. En cas d’indisponibilité des produits de consommation modernes, nous retrouverons facilement l’usage des recettes alimentaires de survie des temps difficiles, « wakt chedda » : huile d’olive, blé et semoule, dattes, viande séchée, couscous roulé.

Nous nous vêtirons en hiver du burnous et de la kachabiya, et en été de la gandoura… Et en cas de disparition de l’État, nous reviendrons à notre démocratie locale, c’est-à-dire nos « tajmââte ».l

You may also like

Leave a Comment